Combien de marches doit comporter un escalier ? Existe-t-il une règle ?

Lorsque l’on parle d’un escalier, une question revient régulièrement : combien de marches un escalier doit-il comporter ?

La réponse est plus complexe qu’il n’y paraît. En réalité, il n’existe pas de nombre minimum ou maximum de marches applicable à tous les escaliers d’habitation. Ce sont surtout les dimensions des marches, la présence de paliers et l’usage de l’escalier qui déterminent son confort et sa sécurité.

Voici ce qu’il faut savoir.

Il n’existe pas de nombre « idéal » de marches

Contrairement à une idée reçue, aucun texte n’impose qu’un escalier domestique comporte un nombre précis de marches.

Le nombre de marches dépend principalement :

  • de la hauteur à franchir entre deux niveaux ;
  • de la hauteur de chaque marche ;
  • de l’espace disponible dans le logement ;
  • du type d’escalier (droit, quart tournant, deux quarts tournants, hélicoïdal…).

Par exemple, un escalier desservant un étage pourra compter une quinzaine de marches comme une vingtaine, sans qu’aucune de ces configurations ne soit anormale.

L’essentiel est que l’escalier soit confortable et sécurisé à utiliser.

Ce qui compte vraiment : les dimensions des marches

Le confort d’un escalier repose avant tout sur les proportions de ses marches.

En France, les recommandations généralement admises sont les suivantes :

  • une hauteur de marche comprise entre 13 et 17 cm ;
  • un giron (profondeur de marche) compris entre 28 et 36 cm ;
  • une pente généralement comprise entre 25° et 38°, afin de limiter la fatigue et le risque de chute.

Ces dimensions permettent de monter et de descendre plus naturellement, avec un effort limité.

La règle de Blondel : la référence pour un escalier confortable

Depuis plusieurs siècles, les concepteurs d’escaliers s’appuient sur la célèbre règle de Blondel, qui relie la hauteur et la profondeur des marches.

Selon cette règle :

2 × hauteur de marche + giron = entre 60 et 66 cm

Cette formule permet d’obtenir un escalier dont le rythme de montée correspond au pas naturel d’une personne. Elle est encore aujourd’hui largement utilisée lors de la conception des escaliers.

Existe-t-il un nombre maximal de marches ?

Dans les bâtiments recevant du public ou sur les lieux de travail, les recommandations et la réglementation prévoient qu’une volée d’escalier ne dépasse généralement pas 25 marches, afin d’imposer un palier de repos lorsque la hauteur devient importante.

Dans une maison individuelle, cette limite n’est généralement pas atteinte, mais le principe reste intéressant : lorsqu’un escalier est long, un palier améliore le confort d’utilisation et renforce la sécurité.

Le type d’escalier influence également le nombre de marches

Le nombre de marches varie selon la conception de l’escalier.

L’escalier droit

Simple à concevoir, il offre généralement les marches les plus régulières et les plus confortables.

L’escalier tournant

Il permet de gagner de la place tout en franchissant une hauteur importante. Le nombre de marches dépend de l’angle des virages et des paliers.

L’escalier en colimaçon

Très apprécié pour son faible encombrement, il comporte souvent davantage de marches, plus étroites du côté intérieur. Sa conception doit être particulièrement soignée afin de préserver le confort et la sécurité des utilisateurs.

L’usage de l’escalier est tout aussi important

Un escalier principal utilisé plusieurs dizaines de fois par jour ne sera pas conçu comme un accès à des combles ou à une mezzanine.

Pour un usage quotidien, il est préférable de privilégier :

  • des marches régulières ;
  • une pente modérée ;
  • un éclairage suffisant ;
  • une ou deux mains courantes selon la configuration.

Ces éléments participent autant à la sécurité que le nombre de marches lui-même.

Lorsque la mobilité évolue…

Même parfaitement conçu, un escalier peut devenir difficile à utiliser avec l’âge, une maladie ou une perte de mobilité.

La fatigue apparaît plus rapidement, les déplacements ralentissent et l’appréhension peut progressivement s’installer.

Dans ce contexte, un monte-escalier permet de continuer à profiter de tous les niveaux de son habitation sans modifier la structure de l’escalier.

Qu’il soit droit, tournant ou en colimaçon, une étude personnalisée permet d’identifier la solution la plus adaptée à la configuration du logement.

En conclusion

Il n’existe pas de nombre universel de marches pour un escalier.

Ce sont surtout la hauteur des marches, leur profondeur, la pente de l’escalier et la présence éventuelle de paliers qui déterminent son confort et sa sécurité.

Un escalier bien conçu facilite les déplacements pendant de nombreuses années. Et lorsque les capacités de mobilité évoluent, il est possible d’y intégrer un monte-escalier afin de continuer à vivre chez soi en toute sérénité.

Sources : pour en savoir plus…

  • INRS – Conception des lieux et des situations de travail (recommandations sur les dimensions des escaliers et règle de Blondel)
  • Code du travail – Article R4216-12 (caractéristiques des escaliers dans les lieux de travail)
  • Légifrance – Règlement de sécurité des établissements recevant du public (dimensions recommandées des marches et des paliers)